








Née à Paris, grandie dans l’Oise, étudiante en théâtre, Zaza Fournier, auteur, compositeur, interprète, a étudié le violon avant de s’essayer à l’accordéon à l’âge de 19 ans. Sa carrière de chanteuse commence par hasard : sommée par son professeur de théâtre d’improviser sur un thème bateau mais fondamental (« Qu’est-ce qu’un homme, qu’est-ce qu’une femme ? »), elle lui chante une chanson qu’elle vient de co-écrire pour le plaisir avec sa tante, La vie à deux. Ses complices en musique, Jack Lahana (réalisateur notamment pour Brigitte Fontaine, La Fiancée…) et le multi-instrumentiste Rob (claviériste du groupe Phoenix, auteur de musiques de film, il poursuit aussi un projet solo Dodécalogue…), en font le single de Zaza Fournier, premier album de charme, où Elvis Presley est touché du doigt. Jack Lahana et Rob ont poursuivi l’expérience (réalisation & arrangements), s’appuyant sur les guitares de Nico Bogue et la batterie de Raphaël Seguinier.
On l’attendait en chanteuse gouailleuse, oiseaux des trottoirs parisiens de l’après-guerre, mais voilà que dans ses pérégrinations, Zaza s’est faite accompagner par l’intégrale des chansons de Roy Orbison, l’auteur de Blue Bayou, guitariste et interprète majeur des années 1960. Zaza a aussi écouté Christophe, époque Aline et Les Paradis perdus, avec leur prose de teenager culotté et leur dose de vague-à-l’âme parce que « ces 15 ans où ce que l’on ressent est beau et rare » passent à la vitesse de l’éclair. Elle a été saisie par le sentiment que « ce qui a été n’est plus ». Cette nouvelle nostalgie (Mon frère, Maman, écrite pour sa mère), n’a pourtant pas entamé la sensuelle gourmandise et l’optimisme vigoureux qui avaient été la marque de Zaza Fournier.
Regarde-moi, que sa conceptrice traduira en scène de façon plus rock, avec un groupe et non plus en solitaire, indique que la jeune génération dont sont issus Zaza et ses musiciens a écouté et intégré presque inconsciemment toutes les révolutions rythmiques du siècle passé : le twist, le rockabilly et Adriano Celentano (Happy Birthday)… Des rythmes amoureux, qui emballent. Zaza est une néo-yéyé (Qu’est-ce que ça te fait ?, 15 ans), une rockeuse des origines (Johnny Chéri), une amoureuse dévergondée (Regarde-moi). Ses personnages se composent au fil des sensations. Citant un Zaza Fournier traversé de références dansantes et latines, calypso, mambo, Zaza Fournier modernise un temps, les années 1960, où les sanssoucis n’étaient pas crétins pour autant, où la guitare en réverbération, les choeurs et le doowap servaient d’écrin à des chansons qui jouaient sur les bleus à l’âme comme sur du velours.
Zaza Fournier se souvient de l’esthétique de Cry Baby, le teen movie de John Waters et s’en remet aux muses du rockabilly, « parce que c’était hyper sexy, drôle et que tous ces types qui se coiffaient en banane et s’habillaient en pantalon de cuir moulant savaient pratiquer le second degré. Elvis savait jouer avec son image, avec recul. ». C’était une époque où « le bouchon a sauté ». Zaza a revisité la chanson française, et maintenant que va-t-elle faire ? Bousculer ce qui doit l’être. S’amuser avec ses choeurs doo-wap, danser avec son copain l’accordéon hybride, et chanter.
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