Cyril Mokaiesh

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  • « Retour à l'origine / Au champ de mes racines »...
    Le refrain de L'Origine, la première chanson de Paris-Beyrouth, le nouvel album de Cyril Mokaiesh, est d'une limpidité biblique. Il est retourné là d'où il
    vient ; et ce n'est pas simple.
    Ce lieu, c'est un « Mariage de sable et de sang chaud hispanique / De miel et d'épices, sa peau magnétique », comme il l'écrit dans la chanson Beyrouth, entrelac de cordes orientales et d'électro. Une ville aussi attirante qu'effrayante, symbole écrasant et réalité étourdissante : « Beyrouth, Beyrouth, me perdre dans tes pensées / Beyrouth, Beyrouth, un cèdre, le monde entier ».
    Aller à Beyrouth était pour Cyril Mokaiesh se retrouver autant que découvrir, renouer des fils autant que tisser de nouveaux liens. La ville est à la fois le berceau de sa famille et une terra incognita : nom de Mokaiesh est transposition phonétique de Mokhaiesh ou Mokhayeche mais Cyril est né à Paris (d'une père libanais et d'une mère française) une dizaine d'années après l'arrivée de la famille, qui a quitté le Liban à cause de l'interminable cycle de guerres qui ont ravagé le pays.
    Il n'a découvert qu'à la fin de l'enfance la maison où ont grandi avant lui six générations, au coeur du quartier populaire de Zokak el-Blat. Avec sa carrière de tennisman puis son virage vers la musique, il n'a guère pris le temps de s'arrêter dans cette ville des origines où il ne va que de loin en loin. Les odeurs, les plages, les goûts tiennent plus d'un univers de vacances que d'un point d'ancrage.
    Cyril Mokaiesh voyage de Paris à Beyrouth, et donc d'un patrimoine à l'autre : l'héritage des voix classiques européennes dans Mater Vitæ le souvenir du Cantique des oiseaux persan qui donne son titre à une chanson troublante (« Peut-on faire confiance aux oiseaux ? », demande-t-il)...